Ou suis-je vraiment ?

Je me lève, je m'habille, je déjeune, je fais-ci, je fais ça... Je regarde les gens dans le bus. Que font-ils ? Ou vont-ils ? Une masse descend à Bellevue. Je marche, je ne sais pas où je vais... je vois une masse d'éleve, j'y vais, je cherche mon nom sur les feuilles... Je regarde la classe : "1eres"... c'est pas grave, on redescend l'air de rien, et on s'en va au coin Prépa...

Du monde, du monde. Des inconnus pour tout le monde. J'aperçois une fille qui était aussi à Palissy. C'est la seule que je connais de vue. J'attends, je regarde. Les autres, la piste, l'arbre, l'herbe, le ciel... Je regarde.

On arrive avec des feuilles qu'on scotche sur une porte. Je vois mon nom barré. Je suis dans cette salle. J'attends encore, le prof arrive. Je m'installe au 4e rang. Il nous présente sommairement et je stresse toujours de ne pas etre dans la bonne classe... C'est bon !

Je découvre mon emploi du temps.

Eh ben... Je vais pourvoir respirer de temps à temps ou pas ? Malheur, le vendredi je peux finir à 19h... Ils sont débiles ou ils font expres... Ils se doute bien qu'il y en a qui prenne le train le vendredi...

Je compte le nombre d'heure.
10h de Math (je commence toujours ma journée par Math à 8h...)
8h30 de Physique
6h de Chimie
4h de SI (La mort...)
2h d'Anglais et de Français.
4h de Devoir le mercredi apres-midi.
Et les trous sont comblés par des interrogations orales...


Je découvre avec bonheur que le Sport est facultatif. Bonheur, joie !

...

Je parle, je souris meme si les autres ne doivent pas comprendre pourquoi. je ne parle pas, j'écoute, je gratte, je réfléchis, je gratte et je gratte.
Et je suis arrivé en retard le lendemain. Ca le fait bien...


Je vois bien la quantité de travail qu'il nous demande. Ca change bien. Mais je vois bien aussi que ce n'est pas tant les profs qui le veulent. Eux, ils font le programme. Mais ils expliquent en détail (sauf en Chimie...). Ils ne vont pas s'attarder 3h sur un équation, mais ils sont là. Présents. "Vous verrez, en novembre, quand l'hiver arrive, quand vous aurez pas le moral. Les notes ne vont pas vous encourager... Mais venez nous voir, si vous voulez parler, meme si ça ne concerne pas notre matiere...".
Gentil.
De plus, il n'y a pas de discours sur l'élite de la France. Ca fait du bien.


Mais parfois, je ne me sens pas à l'aise. Je me sens ailleurs. je me retrouve aps dans les autres. Pour la plupart, ils ne m'interessent pas. Je n'ai rien à leur dire. Ce n'est bien sur pas pour cela que je vais leur cracher dessus ni leur "faire la tete". Pour la plupart (sauf exceptions que j'ai rencontré), ils savent qu'ils veulent passer un concours, réussirent, devenir ingénieur ou prof ou... Mais moi, je sais que je ne veux pas devenir prof en lycée, ingénieur (en portail électrique... maudite SI)... Je suis là pour avoir un bon niveau et puis aller en face.
Au début, pour moi, c'était deux ans. Maintenant, je vise la premiere année. Apres, je verrai.
Les autres ne sont pas comme moi. Je généralise, mais je me sens perdu parmi eux. Il y a des choses qui m'écartent d'eux. La solitude ne me fait plus peur.
Mercredi, je me suis meme mis à penser ce qu'on pouvait bien faire à la fac. J'aime travailler dans une ambiance que j'apprécie. Celle-là, je l'apprécie pas vraiment. Je l'apprécie pas.


Parfois je réfléchis.
Parfois, je suis perdu.
Parfois, je pense à ce qu'il y a en face.
Parfois je pense à Bac+4.
Parfois, je ne pense pas et j'écris.
Parfois, je me retrouve pas.
Parfois, je ne pense pas et j'écris.
Parfois, je me retrouve pas.
Parfois, je ne pense pas et j'écris.
Parfois, je me retrouve pas.
Parfois, je ne pense pas et j'écris.
Parfois, je me retrouve pas...
Ou suis-je vraiment ?

# Posté le samedi 09 septembre 2006 11:42

Modifié le samedi 09 septembre 2006 11:56

Où va-t-il ?

Où va-t-il ?
Depuis quelques jours j'ai fait la connaissance de quelqu'un. Un ami. Un allié. Un brin de folie et de poésie dans lui. Un brin qui me permet de m'évader pour quelques secondes.
Le Vent. Le Vent d'Autan. Il souffle, il souffle si fort ! Les branches craquent, il fait chanter les arbres. Il fait
voler les feuilles mortes, il fait touner les poussieres. Il passe sur moi, mais continue sa course.

J'aimerais le suivre.
Savoir où il va.
Courir apres lui.
Avoir sa folie.

Sentir sa beauté.
J'ai envie de poser mon sac et de sauter dans le Vent.
Essayer de l'attraper et le voir s'en aller de mes mains. Furtif.
Envie de tourner sur moi-meme et de lui sourire, pour l'accueillir.

Il m'a chanté quelques notes jeudi soir. Dans ma hotte. Je l'entendais s'amuser avec les arbres. Mes fenetres craquaient parfois. J'entendais son souffle, sa houle. Je sentais sa fraicheur. Pendant quelques instants, la porte fut ouverte en cours. Un simple air frais, comme une caresse
enveloppait mon visage. Je me suis arreté un peu pour bien le sentir. Je n'ai pas suivi une infime partie du cours. Autour de moi, personne ne s'en souciait de ce précieux allié. Mais moi, je le sentais.

J'aurais aimé sortir de la salle et me promener, entendre son murmure. Son bruissement. Sa symphonie. Le voir soulever les écharpes, le voir faire flotter les cheveux, le voir courir devant et se retourner pour sourire malicieusement à ceux qui étaient
sur son passage.

J'ai envie de lui sourire. Sourire à son ivresse et sa folie. Sourire à ses betises et à la poésie qu'il m'apporte. Loin des autres. Loin du rythme déchainé
. Loin de ceux qui ne comprennent pas.

Loin
Au loin
Dans le ciel
Froler les nuages dans leur périple.
Pour les oublier apres.
Pour leur sourire apres.


Un jour, j'attraperais le vent au creux de mes mains. Et je lui offirais.



Un jour, je t'attraperais...

# Posté le vendredi 22 septembre 2006 17:17

Do - Do# - Ré - Ré# - Mi - Fa - Fa# - Sol -Sol# - La - La# - Si - ...

Do - Do# - Ré - Ré# - Mi - Fa - Fa# - Sol -Sol# - La - La# - Si - ...
J'étais dans ma période Classique. A chaque fois que je reviens dans cette période, je l'écoute. Mon eveil au classique s'est fait avec lui. Dans Fantasia. Avec les fées, les champignons, les plantes... Les champignons me font rire. Le tout petit qui suit les grands...



J'écoute attentivement les instruments du ballet qui chantent dans ma chambre. J'aime bien essayer de décortiquer tous les instruments. Imaginer les musiciens... J'entends une flute traversiere, j'entends des violons, j'entends une harpe, j'entends une... clarinette.

Clarinette ? Cela me dit quelque chose. Je jette un oeil sous mon bureau. Une vieille valise me regarde dans le blanc des yeux... D'un air rancunier. Je lui souris timidement. Elle me souris. Je la prends... Plein de poussiere ! Vu le temps aussi...

Je l'ouvre.
Ce bleu-roi.
Cette odeur.
Cette disposition.
Ce vieux chiffon.
Cette boite d'hanches.

Ces souvenirs... Tellement remplie de souvenirs, cette boite ! Ils m'entourent. Je leur souris, heureux de les retrouver.
Je regarde la décortication de l'ébene. Il est noir profond. Avec des argentures... C'est beau. C'est tres beau.

Comment ai-je pu passer à coté de ces choses ? De cet esthétiscisme ? Je ne comprenais sans doute pas. Je frole le bois. Je frole les clés. Je la monte. Du bec au pavillon. Les bois sont différents. Je mets le bec sur mon menton. J'ai une vue sur elle. Je pose mes doigts. Ils bouchent les trous. Ils ferment les clés... Ca fait tellement bizarre cette... cette sensation qui m'est revenue... Je la sens. Je sens la clarinette. Je l'éloigne... Les instruments sont si beaux...

Ca y est...

Je la prends, la dépose au salon, prends un bol d'eau chaude avec un peu de savon. Du coton et de la musique. Je la nettoie, je la pouponne. Chose que, je n'ai jamais fait... Je la nettoie, elle est plus belle. Elle est moins sale...

Je vais dans ma chambre, mets une hanche dans ma bouche pour l'humidifier. Je monte la clarinette, coince l'hanche dans la ligature, et je souffle dans le bec. Un son aigu, mais ample. Oui c'est bien ce son. Je mets le bec dans le reste de la clarinette. Je souffle. J'ai du mal, ne trouve pas de suite le bon équilibre...

Et puis un son part. Un Do.
Heureux, je tente avec une autre position des doigts.
Et puis un son part. Un Sol.

Oui, je m'en souviens. Oui je m'en souviens !

Do - Do# - Ré - Ré# - Mi - Fa - Fa# - Sol -Sol# - La - La#....

Et puis, je me souviens plus à quoi correspondent les autres notes. Je sais que de passer du Si au Do, c'était une vraie catastrophe, j'y arrivais une fois sur 3... De tout débouché, on passe à tout bouché... Dur, dur, pour moi.

J'ai retrouvé ma gamme. J'ai retrouvé ma clarinette. J'ai retrouvé mes difficultés. J'ai retrouvé ce son, ample, prenant beaucoup d'espace, mais mélodieux. Un son peu ordinaire. J'ai retrouvé ce que j'aimais dans la clarinette...

Alors, j'ai décidé...

J'ai décidé d'aller dans un magasin de musique pour trouver un livre. Pour moi.


Do - Do# - Ré - Ré# - Mi - Fa - Fa# - Sol -Sol# - La - La# - canard...

Les clés montent et descendent au rythme de mes doigts. Au rythme de leur danse.





... Do - Do# - Ré - Ré# - Mi - Fa - Fa# - Sol -Sol# - La - La# - Si - ...

# Posté le samedi 07 octobre 2006 07:47

Book

Book
Jeudi, me voilà projetté dans le monde Toulousain. Je découvre le petit observatoire toulousain. Petit parc. Je me suis senti si bien. On voit deux-trois coupoles. J'essaie de voir à l'interieur. Je vois se dessiner des tubes. Je dévie mon regard. Je ne peux pas. J'y arrive pas. C'est trop beau. J'ose meme plus regarder... Mon coeur a battu la chamade quelques instants. Je le cache. Un jardin si petit. J'ai l'impression de me retrouver...On continue notre périple... Apres avoir vu les portes du métro se fermrt devant moi... je suis resté comme un con en train de regarder le métro parti. J'avais l'air futé...

On fait le tour des librairies... La Fnac et Virgin m'ayant deçu... Premier magasin.

Celui qui atteint les étoiles.
Grace à sa clé.

C'est petit. C'est vraiment exaltant ce monde à part. Je recherche un bouquin. J'en vois sur des cours d'astrophysique. "Un jour, je l'aurais." Oui, un jour je l'aurais. Des telescopes, des posters fabuleux. Un univers coupé de la rue. Un bout de mon univers.
On a du y resté 30min, si ce n'est plus. Moi, je m'en foutais. J'étais bien. Je remarque la librairie spécialisée dans le théatre et les arts du spectacle. C'est fermé.

Mais c'est extraordinaire ! Des étagères remplies de théatre. Des reliures de Moliere, Beckett, Racine, Anouilh et tous leurs poteaux ! "Les Beaux Jours". Comme une pièce de Beckett. J'aurais tellement aimé y pénétrer.

Tant pis, on se refugie dans
une autre. Une mezzanine remplie de livres en tout genre. Je veux acheter des livres, mais je ne sais pas lequel choisir. Il y en a trop. Tous ces livres me fascinent. J'aime bien passé mon doigt sur les reliures. Je lis les titres. Je n'ai pas fini d'énerver les gens qui veulent passer. J'en choisis quelques uns. Le rayon théatre est tout de meme petit. Je descend. Un petit coin Astronomie. J'ai déja un livre, il ne faut pas que j'en achete un autre. Celui des cours me tente. Théorie sur calculs. Bonheur. Comprendre l'Art.

Paradoxal.

On se déplace vers une autre librairie. Ca m'a l'air tout petit. Une petite encoche nous regarde. On y passe.

Bienvenue au royaume
du livre. Une grande salle. des étageres collées au mur. Des livres, des millions de feuilles. Ca en ferait presque tourné la tete.

"Littérature".

Je me laisse guider.

"Théatre". Ma tete pivote vers la droite.
Théatre. Théatre. Théatre. Théatre.

4 étageres. Je presse le pas pour ne pas courir. Tout plein d'auteurs. D'auteur que je ne connais pas. Dans quelques années j'aurais une étagere remplie, moi aussi de bouquin de théatre. Visniec. Ils connaissent !
Toi auteur boudé des librairies agenaises !

Je suis content. Je suis con. Je m'empeche de sauter partout. Il y a peu de personne, ca pourrait faire tache. Mais je suis si content !

Je commande mon livre. "Comment pourrais-je etre un oiseau ?"
La femme connait meme l'auteur. Je souris.

Je repars, avec un tas de livre. Un tas de livre que j'ai vite lu. Comme ça.

Ce titre est bourré de symbolique et de sentiments. Espoir.
Je serais un oiseau. En regardant le ciel.
En voyant un rideau rouge rentré dans les coulisses. En ayant plein de couleur dans la bouche. En m'inondant de livres.

Mais... Votre oiseau ne sera pas le mien.



Dessinez-moi le votre...

# Posté le samedi 11 novembre 2006 15:22

Modifié le dimanche 12 novembre 2006 06:29

Fil.

Fil.
Notre vie est-elle plus fragile lorsqu'on la voit ?

Lorsqu'on sait qu'un fil nous relie à elle ?

Un coup de ciseau. Et puis...


Et puis plus rien. Elle nous quitte comme ça.

Que valons-nous ?

Oui, les Marionettes
sont plus sensibles à cette vie. A ce fil.

Les Marionettes m'ont fait comprendre quelque chose. Notre fil monte aussi vers le haut du Ciel.

Mais nous, nous le voyons
pas.
Mais nous, nous nous en rendons pas compte.


Mais nous, nous ne sommes pas elles.

# Posté le samedi 11 novembre 2006 15:57